Avant la Sardaigne Seb reviens sur l'acropole

Bonjour à tous,

Vous vous en doutez, le Rallye de l’Acropole n’est pas celui qui m’aura laissé le meilleur souvenir à ce stade de la saison… C’est le moins que l’on puisse dire ! Tout simplement, la chance n’était pas avec nous. Au vu de nos performances, on aurait certainement mérité un bon résultat, mais nos espoirs se sont envolés dès la première spéciale.

Le week-end avait pourtant bien commencé, puisqu’on a signé le meilleur temps des qualifs. On misait beaucoup sur ce chrono, car on savait que les WRC n’étaient pas nombreuses en Grèce et que la position sur la route s’avèrerait particulièrement importante sur ce rallye réputé pour être cassant. On a tout donné et on a été récompensés par un bon temps, une performance qui nous a permis de choisir la position de départ la plus favorable. Malheureusement on n’en a pas profité longtemps…

Sébastien Ogier Rallye de l'Acropole 2013

Les ennuis sont en effet arrivés dès la première spéciale. D’abord, on a crevé en tapant une pierre, ce qui nous a valu une première perte de temps importante. Ceci dit, avec un changement de roue opéré en 1min25, on s’en sortait encore bien ! Mais la suite de cette ES1 ne nous réservait rien de bon, puisque l’alimentation a rapidement commencé à donner des signes de faiblesse. Après quelques « reset », on n’a pas eu d’autre choix que de s’arrêter au bord de la route. Ce genre de déconvenue peut arriver, ça fait partie des sports mécaniques. Concrètement, il s’agissait d’un problème d’alimentation de la pompe à essence, un souci qui aurait pu être évité. C’est une erreur de jeunesse pour notre équipe et je suis sûr que ça ne se reproduira plus.

Cet abandon nous a valu 10 minutes de pénalité et c’en était fini de nos espoirs de bien figurer au classement final. Pour la suite de la course, on a donc hérité de la première place dans l’ordre de départ. Ca faisait bien longtemps que ça ne nous était pas arrivé, et la Grèce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour subir ce désavantage. Dans ces conditions, on a quand même fait du bon boulot. On n’était pas forcément en haut de la feuille des temps, cependant je suis content de nos performances. En ouvrant la route, on perdait pas mal sur les premiers tours, mais beaucoup moins sur les seconds, où le désavantage du balayage était moins élevé.

Malgré une déception légitime, je n’étais pas dans un état d’esprit négatif. Je me disais : C’est comme ça, il faut rouler, prendre du plaisir et aller le plus vite possible. On a bien roulé et on s’est efforcé de maintenir un bon rythme pour remonter le plus haut possible au classement. Le plus haut possible, c’était la 10e place, étant donné que ce rallye, pourtant rude pour les voitures, n’a causé que très peu de pépins dans le peloton WRC. Comme c’est le cas depuis quelques années, le terrain n’était pas tellement défoncé, d’autant qu’il a plu pendant la semaine. Ceci dit, certaines parties étaient quand même très accidentées et on a d’ailleurs connu plusieurs crevaisons lentes.

On ne pouvait, certes, pas viser plus haut que la 10e position, mais il restait un enjeu à ce rallye : la Power Stage. On a attaqué fort pour aller chercher les points bonus et ainsi compenser un petit peu notre abandon. Les 20 premiers kilomètres se sont super bien passés, puis j’ai commis quelques petites erreurs sur la fin. Jusqu’au bout, je ne savais donc pas quel serait notre gain, d’autant qu’on ouvrait encore une fois la route, ce qui offrait de meilleures conditions à nos adversaires.

Finalement, on décroche les 3 points du meilleur temps sur la Power, ce qui renforce notre bilan très positif dans ce rendez-vous de fin de course : depuis le début de la saison, seul un scratch nous y a échappé, en Argentine où l’on a signé le deuxième temps. Je dois dire que c’est un exercice que j’aime bien : c’est le moment où il faut faire ses preuves. Nos résultats traduisent la performance qui est la nôtre depuis le début de l’année, malgré les soucis qui nous ont frappés en Argentine et en Grèce.

Je profite de ces quelques lignes pour féliciter mon coéquipier, qui remporte sa première victoire avec Volkswagen. Globalement, ça reste une bonne opération pour le championnat Constructeurs, où VW augmente son avance. Quant à ma situation au championnat Pilotes, elle reste convenable puisque je dispose encore d’une marge de deux victoires sur mon plus proche adversaire, qui est maintenant Jari-Matti Latvala.

Je suis désormais en Sardaigne, où je réalise une journée d’essais pour préparer le prochain rallye. Il n’a pas toujours fait partie de mes favoris, mais ça s’est bien passé l’an dernier et j’y ai décroché mon meilleur résultat au volant de la S2000. Je dois dire que j’ai appris à apprécier ce rendez-vous avec le temps. Et puis, inutile de vous dire que je compte bien y faire mon retour au premier plan !

A bientôt,

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