Publié par Jean EYMARD le dim, 22/04/2018 - 12:52

Le mouvement anti-migrants "Génération identitaire" quitte le col de l’Échelle et Névache sous le contrôle des gendarmes.
Leur opération aura fait grand bruit dans toute la France et jusqu'à l'Assemblée Nationale et visiblement leur objectif a été atteint : les militants d’extrême-droite du mouvement "Génération Identitaire" ont quitté le col de l'Echelle où ils avaient installé une frontière artificielle pour empêcher le passage des migrants ce dimanche en début d'après-midi.
Sous le contrôle des forces de gendarmerie pour s'assurer de leur départ et éviter tout incident, les militants anti-migrants ont quitté le Briançonnais à la plus grande satisfaction des autorités et en particulier des élus. Parmi eux, le maire de Névache venu s'assurer que tout se terminait bien.
Le communiqué de la préfecture
Environ 80 à 100 membres du mouvement Génération Identitaire s’étaient rendus hier, à pied, au col de l’Echelle, actuellement toujours enneigé et fermé à la circulation.
Leur action a consisté en une opération de communication uniquement, en matérialisant la frontière entre la France et l’Italie par la pose d’un filet plastique et le déploiement d’une banderole.
La Préfecture et les forces de l’ordre, avec une présence constante de la gendarmerie, ont agi avec attention et vigilance pour éviter tout trouble à l'ordre public et garantir le respect du droit.
Les membres de Génération Identitaire ont maintenant tous quitté le col de l’Echelle et tout le matériel a été enlevé, et sont repartis sous la surveillance de la gendarmerie.
Le col de l'Echelle aura été bloqué une trentaine d'heures par ces anti-migrants. Ils étaient 80 à la frontière franco-italienne ce samedi. Leur but : s'opposer à l'entrée de migrants en France, mais aussi de l'Europe. De nombreuses nationalités étaient représentées dans cette lutte (Italie, Hongrie, Angleterre, Allemagne, Danemark). Un membre de Génération Identitaire explique la raison de ce blocage :
Une centaine de militants du mouvement d’extrême-droite Génération identitaire (GI) montaient samedi matin au col de l’Echelle (Hautes-Alpes), point de passage de migrants depuis plusieurs mois, pour en « prendre possession et veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse rentrer en France ».
Ce col, qui culmine à 1 762 mètres et est situé à six kilomètres de la frontière, est un « point stratégique de passage des clandestins » depuis l’Italie, a fait valoir un porte-parole de GI, Romain Espino, en dénonçant « un manque de courage des pouvoirs publics ». « Avec un petit peu de volonté, on peut contrôler l’immigration et les frontières. »
Le groupe de militants, composé majoritairement de Français, compte aussi des Italiens, Hongrois, Danois, Autrichiens, Anglais et Allemands.
« Frontière symbolique »
Après une ascension commencée après 9 heures, en raquettes sur la neige, ses membres prévoient de matérialiser une « frontière symbolique » à l’aide de grillage en plastique de chantier et de passer la nuit au col. Il s’agit d’« expliquer aux migrants éventuels que ce qui n’est pas humain, c’est de faire croire à ces gens qui traversent la Méditerranée ou les Alpes enneigées que ces parcours ne présentent aucun risque. C’est faux », a déclaré Romain Espino. « Ils ne vont pas trouver l’Eldorado, c’est immoral. Ceux qui en payent les frais, ce sont les Français », a-t-il ajouté.
Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent une augmentation exponentielle d’arrivées de jeunes, majoritairement de Guinée (Conakry) et de Côte d’Ivoire (pourtant première puissance économique d’Afrique de l’Ouest). Ces nationalités arrivent loin devant celles des autres migrants, très majoritairement ouest-africains. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l’Italie en 2016 et 1 900 en 2017.
La pression migratoire reste « forte » à la frontière franco-italienne dans son ensemble, a indiqué vendredi soir le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, rappelant que 50 000 non-admissions avaient été prononcées en 2017. « Nous avons décidé de renouveler les contrôles aux frontières pour six mois », a-t-il ajouté devant les députés lors des débats du projet de loi asile immigration, texte très controversé qualifié à la fois de « petite loi » par Les Républicains et d’« inhumaine » par la gauche.
Fondé en 2012, Génération identitaire (GI) avait affrété en juillet 2017 le navire C-Star dans le cadre de sa campagne « Defend Europe » en Méditerranée, pour dissuader les ONG de secourir les migrants en mer. Commencée le 5 août au large de la Libye, l’opération avait pris fin le 17 août. Le mouvement privilégie des actions au fort retentissement médiatique, comme la fabrication d’un mur devant un futur centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Montpellier en septembre 2016 ou encore, à l’hiver 2013, des maraudes pour venir en aide aux sans-abris, destinées uniquement aux « Français de souche ».








