Publié par Barbara Tornambé le mar, 24/04/2018 - 18:44

Le dossier a été renvoyé au 31 mai prochain pour leur permettre de mieux préparer leur défense. Trois militants pro-migrants devaient être jugés ce mardi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Gap. Ils ont pris part ce week-end à l'entrée d'une trentaine de migrants venant d'Italie sur le territoire français. Ils sont poursuivis pour "aide à l'entrée irrégulière en France de plus d'une vingtaine d'étrangers en bande organisée". Ils encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement, 750 000 euros d'amende et l'interdiction du territoire français. Ils avaient été interpellés et placés en garde à vue ce dimanche. Trois homme de nationalité italienne ont, eux, été remis en liberté lundi soir.
COMMUNIQUE DU PROCUREUR :
Le tribunal correctionnel de Gap, à la demande des trois personnes poursuivies, a décidé de renvoyer le jugement du dossier au 31 mai 2018 à 8h30 pour leur permettre de mieux préparer leur défense.
Dans l'attente, le tribunal correctionnel, conformément aux réquisitions du parquet, a décidé de placer en détention provisoire les trois prévenus en raison de l'insuffisance des garanties de représentation et pour prévenir toute réitération des faits. Le parquet avait insisté sur ce dernier point, estimant qu'il était nécessaire de mettre fin à la commission d'infractions dans le cadre des manifestations militantes que le département a connu ces derniers jours.
À cet égard, plusieurs investigations sont également en cours pour rechercher les auteurs des faits suivants :
- Dégradations par de très nombreux tags, parfois outrageants à l'égard des autorités, inscrits le samedi 21 avril 2018 sur les murs d'habitations, de bâtiments publics et de commerces dans le centre-ville de la ville de Gap, à l'occasion d'un défilé non autorisé de militants pro-migrants. Au cours de cette manifestation, la maison d'arrêt de Gap a été particulièrement dégradée provoquant l'intervention d'un agent pénitentiaire qui a tenté d'interpeller l'un des tagueurs. En réaction, il a rapidement fait l'objet de violences de la part de plusieurs des manifestants; D'autres manifestants et un autre agent pénitentiaire sont également intervenus pour empêcher qu'ils prennent davantage de coups. Il souffre notamment de fractures d'un doigt de pied et d'un doigt à la main gauche, ainsi que d'un hématome frontal. Les deux agents ont également été la cible de jets d'objets.
- Passage en force de la frontière à MONTGENEVRE du dimanche 22 avril 2018 (poursuite des investigations pour rechercher d'autres auteurs que ceux placés en détention ce jour).
- Rébellion et violences en réunion sur des policiers commises dans la soirée du 22 avril 2018 à Briançon en marge de la manifestation pro-migrants, deux policiers du commissariat de Briançon ayant été blessés lors d'une tentative d'interpellation d'un suspect qui a pu prendre la fuite à cause de l'intervention violente de plusieurs manifestants.
Par ailleurs, la question étant posée à mon parquet par de nombreux médias s'agissant des suites judiciaires données au rassemblement des individus se disant membres de « génération identitaire » au Col de l'Echelle le samedi 21 avril 2018, aucune plainte, ni aucun fait susceptible de qualifications délictuelles n'a été porté à ma connaissance à ce jour.
