Publié par Jean EYMARD le mar, 07/08/2018 - 16:11

On a eu très peur mais tout s'est bien terminé : l'alpiniste briançonnais et embrunais Mathieu Maynadier a été grièvement blessé par une chute de pierres à 5500 m lors de l'ascension d'un sommet au Pakistan.
C'est après avoir réussi le sommet après 5 jours d'essais que Mathieu a été victime d'une chute de pierres dans la descente de l'un de ces sommets vierges qu'il convoitait dans la vallée du Tagas à l'est du massif du Karakoram en Himalaya.
Gravement blessé au bras en particulier, il a pu être secouru par l'armée qui l'a héliporté sur un hôpital militaire où il va rester quelques jours.
Jean, son père, domicilié à Châteauroux-les Alpes, est évidement soulagé comme tout le monde de la montagne.
Voici les dernières photos qu'il avait postées hier et son message :
Bonjour tout le monde !
Après deux jours de randonnée et d'exploration de la vallée de Tagas avec une caravane de 28 porteurs, nous avons finalement installé notre camp à une altitude de 4900 m juste en-dessous d'un pilier très impressionnant. C'est incroyablement spécial d'être les premiers étrangers à entrer dans cette vallée et de fixer les yeux des grimpeurs sur ses montagnes.
Voici la vallée de Tagas, on découvre qu'il ne s'agit pas seulement de grands murs, de montagnes et de glaciers. Nous avons fait des amis avec de nombreux bergers vivant ici avec leurs chèvres, yaks et moutons qui nous donnent une bonne compagnie et une production gastronomique locale de lait et de beurre. Ils nous ont montré comment couper les couilles des taureaux et comment massacrer les chèvres donc maintenant nous avons plein de viande fraîche pour recharger nos batteries.
Mais nous sommes venus ici pour l'escalade ! Autour de nous il y a plein de tours, de visages mixtes et de grands murs. Maintenant la principale difficulté est de choisir lequel monter en premier !!! Nous avons repéré une jolie petite flèche et nous avons décidé de le tenter, mais l'altitude nous a rapidement ramenés à la réalité. Avec 5 jours d'acclimatation, on apprend que l'escalade à environ 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer n'est pas idéale !
Mais ce n'était même pas la raison pour laquelle nous n'avons pas été au sommet. La raison est une histoire obscure de noix et de pitons. Pour éviter un conflit entre un camelot numéro 6 (Nico) et un coup de marteau (Mathieu), l'équipe a pris la sage décision de descendre et de retourner au camp. Au moins notre honneur a été sauvé comme nous l'avons fait un pas plus haut que le point haut de la chèvre locale ! Donc ce jour n'était pas un grand moment pour notre ego, mais en descendant nous avons sauvé une chèvre solitaire perdue sur une corniche qui nous a donné au moins un agréable sentiment de courage.
Enfin, cette première tentative de montée confirme que différents styles et visions se réunissent dans cette expédition. Ça fait un mélange intéressant entre un type belge optimiste armé de ses noix, un Français terre à terre qui ne peut pas grimper sans son marteau et ses pitons et un Argentin romantique qui a la douceur constante semble préparer certaines demandes spéciales.
Jean-Louis le meilleur photographe de haute altitude / grimpeur / humoriste dans le monde n'est pas mentionné beaucoup dans ce texte. Mais grâce à sa routine quotidienne, ce que nous pouvons dire déjà, c'est que prendre de sérieux interrogatoires sur la quantité de papier toilette n'était pas stupide.
Restez à l'écoute pour plus de nouvelles en direct de la vallée de Tagas
Salutations de l'équipe catagas
