Alpes de Haute-Provence : questions autour de la gestion de l'ancien directeur d'H2P. Enquête

C'est l'un des sujets tabous dans les Alpes de Haute-Provence dont les autorités ne parlent qu'avec discrétion : la gestion d'habitat de Haute-Provence par son ancien directeur. Rien de très grave, mais de vives critiques sur sa gestion pour le moins "enthousiaste". Alain Taulamet voyait les choses en grand. Et pour cause, il voulait faire de H2P (devenue "habitations de Haute-Provence) un véritable outil de développement et de promotion immobilière. Résultat : un véritable décalage ressenti par certains avec la vocation de bailleur social à l'origine de la structure. Mais pour cela, il fallait un train de vie à la hauteur. Séminaires, reconnaissances par hélicoptère et même un séminaire en Laponie finalement avorté. Loin de sa mission de bailleur social, mais convaincu du bien fondé de sa démarche et encouragé par les élus, Alain Taulamet était véritablement devenu un aménageur pour ne pas dire un promoteur. Il n'y avait semble-t-il pas de limites en terme de projets quitte à s'éloigner nettement de la mission sociale de la structure. Racheter les thermes de Digne-les-Bains, investir au Golf de Digne, tout était possible d'autant qu'il avait contracté un prêt de 30 millions d'euros auprès de la Caisse d'Epargne. Mais le directeur savait aussi se protéger comme par exemple embaucher pour sa communication l'épouse du Préfet. Facile aussi d'avoir de bonnes relations avec le monde du BTP en faisant appel aux promoteurs pour construire les logements plutôt que de les construire soi-même. Mais comme souvent dans ces cas de figure, ce que certains considèrent comme une fuite en avant se termine par un violent coup d'arrêt. Celui-ci a été donné en début d'année par le nouvel actionnaire : la Banque Populaire, tracassée de voir son propre directeur essayer de l'évincer avec la concurrence, le Crédit Agricole. Depuis, la Banque Populaire s'étonne de la situation. Selon elle, l'endettement est déraisonnable, et il est nécessaire pour la nouvelle structure de tout remettre d'aplomb, à commencer par redonner sa juste place à l'entretien du patrimoine des logements sociaux. Du côté de la nouvelle structure, on ne fait aucun commentaire mais de nombreux observateurs avisés s'étonnent que tout le monde ait laissé faire ce qui s'apparente à un peu à de la fuite en avant. Il est vrai que les maires n'en revenaient pas de voir arriver ce directeur, chéquier en main, pour racheter les baux emphytéotique des logements de la municipalité. Un rapprochement avec le 05 avait aussi été envisagé, mais là encore Alain Taulamet avait bien veillé à ne laisser que des strapontins à ses homologues Haut-Alpins. C'est donc un long travail de remise en ordre dans lequel s'engage à présent Habitation de Haute-Provence. Un nouveau directeur, Didier Machet, a été nommé. L'homme, très expérimenté, risque d'avoir besoin de tout son savoir-faire pour faire oublier les bien mauvaises habitudes et mettre en oeuvre les directions prises par le gouvernement pour que les locataires sociaux des Alpes de Haute Provence, comme ailleurs, n'aient plus à souffrir des errements des structures où les directeurs ont confondu vocation sociale et business.

Et l’intéressé relative ces critiques. Alain Taulamet a souhaité se défendre face à ces accusations. Selon lui, la trésorerie a été assainie sous sa gestion et les opérations réalisées ont toujours été contrôlées et validées par le conseil d'administration. S'agissant du prêt contacté à hauteur de 30 millions d'euros, c'est un prêt à taux zéro qui était nécessaire pour investir selon lui :

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