Publié par Christophe Adon le lun, 03/09/2018 - 12:55

Septembre, c'est la rentrée des classes mais également l'entrée dans l'automne météorologique, car en météo les saisons ne correspondent pas tout à fait au calendrier Grégorien. L'automne qui a débuté le 1er Septembre s'étendra jusqu'au 30 novembre 2018 avant que l'hiver ne s'installe le 1er Décembre prochain. Mais nous avons encore 3 mois devant nous pour profiter, on l'espère, d'une belle arrière saison jusqu'à l'été de la St Martin (début novembre) au moins. Revenons sur cet été 2018 qui se classe d'ores et déjà au niveau national comme le deuxième été le plus chaud de l'histoire météo en France. Cette chaleur estivale 2018 qui a touché le pays, plus particulièrement le nord, a été accompagné également d'un épisode de sécheresse sévère qui nous a quasiment épargné en région Sud PACA. Dans les Alpes du sud, cet été 2018 chaud également n'observe pas le même classement qu'au niveau national. Après 2003 c'est 2015 qui fait figure de deuxième été le plus chaud chez nous, avec une température moyenne à la station météo d'Embrun de +3.58° sur juin-juillet-août. En 2015, c'est le mois de juillet qui avait été le plus chaud, on avait observé une température moyenne de +3.6° au-dessus de la normale dans les Alpes-de-Haute-Provence à Saint-Auban et +3.5° dans les Hautes-Alpes à la station météo d'Embrun. Dans les Hautes-Alpes, la moyenne des températures maximales en juillet 2015 relevait une anomalie positive énorme de +4.9° au-dessus de la normale et +3.4° pour les Alpes-de-Haute-Provence. L'été dernier, en 2017, a été également une saison anormalement chaude dans nos départements, avec sur les 3 mois estivaux une température moyenne supérieure à la normale de +2.2° dans les Alpes-de-Haute-Provence et de +1.9° dans les Hautes-Alpes. Cet été 2018 a été encore une fois marqué par des températures moyennes qui sont restées supérieures aux normales en juin-juillet-août de +1.5° sur Embrun et +1.4° à Saint-Auban, Les températures nocturnes sont également affectées par ces hausses globales des mercures. Le phénomène météo qu'on nomme "nuit tropicale" lorsque les températures minimales ne descendent pas en-dessous de 20° s'est fait remarquer dans nos vallées cet été. Durant 3 nuits, les températures sont restées supérieures à +20° du côté de Saint-Auban et une nuit dans les Hautes-Alpes à la station d'Embrun. C'est d'autant plus exceptionnel dans nos vallées de montagnes, quand ce phénomène se produit en août, lorsque les journées commencent à diminuer et que les nuits un peu plus longues deviennent plus fraîches. Autre phénomène marquant et non des moindres c'est la pluviométrie bien supérieure à ce que l'on relève habituellement durant cette saison dans nos climats montagnards méditerranéens. Les Alpes-de-Haute-Provence ont particulièrement subi cet été exceptionnellement humide : à Saint-Auban durant ce mois d'août 2018 on a relevé une pluviométrie de 93% supérieure à la normale. Globalement sur une grande partie du sud des Alpes les précipitations estivales ont enregistré un écart à la normale de 100 à 150%, écart d'autant plus important en nous dirigeant vers le sud de la région. Du côté du sud des Alpes-de-Haute-Provence, des observateurs ont comptabilisé durant cet été plus de 80 jours orageux dans un large périmètre autour des gorges du Verdon. L'ensoleillement a forcement été affecté, alors que les régions du nord de la France ont bénéficié d'un taux d'ensoleillement exceptionnel, les Alpes du sud n'ont pas du tout profité du même climat. Encore une fois le département du 04 observe une baisse de 10 à 15% de l'ensoleillement estival, dans le secteur d'Embrun cette baisse est plus modérée. En ce qui concerne l'automne, les prévisions saisonnières (à prendre avec des pincettes) penchent sur des précipitations plus abondantes que la normale dans le quart sud-est de la France (orages et épisodes méditerranéens) avec des températures proches des normales en septembre-octobre et un mois de novembre nettement plus frais. Il faut également s'attendre au développement d'un phénomène El Niño faible à modéré du côté du Pacifique d'ici la fin de l'année 2018, phénomène qui a souvent des répercutions sur le climat à l'échelle de la planète.
