Publié par Jean EYMARD le jeu, 27/09/2018 - 19:00

Le sujet est presque passé inaperçu à la rentrée sauf pour les entreprises car il est lourd de conséquences : le chantier de construction des lignes THT par RTE est ni plus ni moins qu’arrêté et pour un long moment. A l'origine, vous le savez, une décision bien tardive du Tribunal Administratif de Marseille en pleine torpeur estivale, le 8 août dernier. Alors même que le Conseil d’État disait le contraire quelques mois plus tôt. Le "TA" a demandé de son côté l’arrêt du chantier en annulant l’arrêté préfectoral qui donnait le cadre de la compensation demandée à RTE pour le chantier des lignes très haute tension suite à des recours déposés... en 2016.
C'est sur la dérogation à l’interdiction de destruction des espèces végétales et animales protégées que la préfecture a été retoquée. Résultat, RTE a fait appel de la décision mais cela peut durer des mois.
En attendant, le chantier est ni plus ni moins que stoppé alors même que 90 % des nouveaux pylônes ont été installés ! Problème : les nombreux pylônes qui devaient être démontés attendront...
On comprend alors mieux que cette décision apparaisse saugrenue y compris peut-être aux opposants qui n'ont que très peu communiqué sur le sujet.
Car en fait, que l'on soit favorable ou pas à ce projet, cette décision est à contre-temps. Les opposants savent aussi qu'il est évidement trop tard. Le chantier ne peut que se terminer soit par une décision favorable en appel, soit par un nouvel arrêté préfectoral adapté différent de la dérogation à l’interdiction de destruction des espèces végétales et animales protégées.
Ce sont donc des mois de retard pour "le chantier du siècle", comme beaucoup l'ont présenté, avec des conséquences lourdes pour les entreprises en particulier. Jusqu'à 2000 heures de travail perdues d'un coup pour les intervenants comme par exemple les entreprises Allamano ou STAM. C'est aussi toute une chaîne de service qui s'était organisée autour du surcroît d'activités liées au chantier qui galère et en particulier la restauration. Ce sont enfin des risques de coupures d'alimentation qui menacent plus que jamais puisque ce chantier a pour première vocation de sécuriser l'alimentation électrique du nord des Hautes-Alpes.
Petite éclaircie, certains chantiers dans les zones déjà aménagées vont pouvoir recommencer comme à Pralong à Embrun puisque ces chantiers ne sont pas susceptibles de porter atteinte aux espèces protégées.
Cerise sur le gâteau, dans une période où l'argent manque, il va falloir dépenser pour sécuriser les secteurs en travaux et dont l’arrêt inopiné ne sera pas à l'avantage de la beauté nos paysages.
Du côté de RTE, on "fait avec" et on essaye de positiver à l'image de son patron Jean-Philippe Bonnet, délégué Méditerranée RTE :
