Hautes-Alpes / Migrants : Christophe Castaner demande au plus vite une rencontre entre les préfets et les policiers français et italiens au Col du Montgenèvre

Cela n'aura échappé à personne. La tension est encore montée d'un cran à propos de l'arrivée des migrants à la frontière franco-italienne. A la demande du nouveau ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, la préfecture des Hautes-Alpes propose au plus vite l'organisation d'une réunion directement sur place au Col du Montgenèvre. 

 

Communiqué de presse :

Reconduite des étrangers non-admis à la frontière franco-italienne : proposition d’une rencontre entre autorités françaises et italiennes. La préfecture des Hautes-Alpes a pris connaissance des propos de M. Matteo Salvini cet après-midi sur les relations entre les services de police pour l'application des règles européennes concernant la reconduite des étrangers non-admis à la frontière franco-italienne. La préfète des Hautes-Alpes, Cécile BIGOT-DEKEYZER, prend acte de cette déclaration. A la demande du ministre de l'intérieur, Christophe CASTANER, elle propose qu'une réunion entre les préfets soit organisée sur place, dans les meilleurs délais, avec la participation des responsables nationaux de la police des deux pays pour améliorer la coopération entre les services.

 

Il s'agit à présent de voir si les autorités italiennes réagissent à cette proposition. Les incidents se sont en effet multipliés ces derniers jours : toute l'Italie a parlé de cette erreur de jeunes policiers français qui avaient déposé ce mardi des migrants sur le sol italien. Il y a eu ensuite, ce vendredi soir, la vidéo postée par le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, montrant des migrants déposés à la frontière. "C'est parfaitement ce qui est prévu", avait aussitôt répliqué la préfecture des Hautes-Alpes. Ce samedi encore, sur Facebook, Matteo Salvini en a ajouté une couche en annonçant l'envoi de patrouilles italiennes à la frontière (voir ci-dessous)

AGGIORNAMENTO SU CLAVIERE, BASTA PRESE IN GIRO! HO INVIATO PATTUGLIE​

La Francia ha comunicato di voler consegnare un gruppo di immigrati alle 9.49 di ieri (quelli del video pubblicato su questa Pagina), peccato li avesse già abbandonati in territorio italiano. Non solo.
Non c’è alcun accordo bilaterale Italia-Francia, scritto e ufficiale, che consenta questo tipo di operazioni. Se Macron parla di “prassi” ne deve rispondere il governo che ci ha preceduto: ora l’aria è cambiata e non accettiamo che vengano portati in Italia extracomunitari fermati in territorio francese, senza che le nostre forze dell’ordine possano verificarne l’identità. 
L’ennesimo abuso delle autorità francesi, che hanno approfittato anche della buonafede della nostra Polizia, avrà conseguenze: per nostra iniziativa a Claviere sono già state inviate delle auto di pattuglia per controllare e presidiare il confine.
Dalle parole ai fatti.

Traduction

Mise à jour sur Clavière, il suffit de se balader ! J'ai envoyé des patrouilles.
La France a fait savoir qu'elle voulait livrer un groupe d'immigrés à 9h49 hier (ceux de la vidéo publiée sur cette page), dommage les avait déjà abandonnés en territoire italien. Pas seulement.
Il n'y a pas d'accord bilatéral Italie-France, écrit et officiel, permettant ce type d'opérations. Si Macron parle de " pratique" il doit répondre au gouvernement qui nous a précédé : maintenant l'air a changé et nous n'acceptons pas qu'ils soient amenés en Italie extracommunautaires arrêtés sur le territoire français, sans que nos forces de l'ordre puissent vérifier leur identité.
Un nouvel abus des autorités françaises, qui ont également profité de la bonne foi de notre police, aura des conséquences : nous avons déjà envoyé des voitures de patrouille pour contrôler et surveiller la frontière.

 

Même si le sujet des migrants est difficile voire insoluble, il y a en effet urgence à ce que tout le monde se parle autant que faire se peut, afin d'apaiser ces tensions entre Français et Italiens à la frontière que l'on n'avait pas connues depuis des décennies. 

 

Les anciens articles sur le sujet : 

Le vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, a posté ce vendredi soir une vidéo sur les réseaux sociaux illustrant la situation à la frontière franco-italienne. 

On y voit un agent français de la police aux frontières déposer trois migrants pile à la démarcation de la frontière, sur la RN 94. La préfecture des Hautes-Alpes a rapidement réagi. Dans un communiqué, elle affirme que « contrairement à l’incident qui s’est produit le 12 octobre [...], cette vidéo montre une procédure de non-admission à la frontière en tous points conforme à la pratique agréée entre la police française et la police italienne ainsi qu’au droit européen. Les personnes déposées apparaissant sur la vidéo ont été contrôlées au point de passage autorisé de Montgenèvre, 500 mètres plus loin sur la RN 94. En provenance directe d’Italie et démunies de documents de voyage, elles se sont vu notifier des refus d’entrée sur le territoire français. Conformément à la procédure, le commissariat de Bardonecchia a été informé immédiatement.

Contrairement à la pratique sur d’autres segments de la frontière franco-italienne, la police italienne n’est pas en capacité de prendre en charge les personnes non-admises, de sorte que les forces de sécurité françaises reconduisent ces personnes jusqu’au point de dépose visible sur la vidéo, qui est le seul emplacement sécurisé à proximité immédiate de la ligne de démarcation de la frontière franco-italienne. Les policiers français veillent systématiquement à ce que les non-admis empruntent bien le passage protégé les menant vers la localité située côté italien ».

La vidéo postée par Matteo Salvini sur son compte Twitter :

On rappelle que c’est à cet endroit que se cristallisent de très vives tensions autour de la gestion des migrants. Le village de Clavière fait d’ailleurs la Une de la presse italienne ces derniers jours.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la frontière, la situation des migrants est toujours tendue.  

Depuis ce vendredi soir, des militants pro-migrants occupent un immeuble dans le centre-ville de Gap : la bâtisse du Carré de l'Imprimerie. Constitués en collectif qui porte le nom de « Cesaï », ils affirment auprès de nos confrères du Dauphiné vouloir offrir « un toit aux migrants pour qui aucune solution d'hébergement n'a été trouvé » depuis l’expulsion ce mercredi de migrants qui étaient hébergés à la Maison Cézanne. Le soir même, ils avaient installé un campement de fortune au pied de la préfecture pour protester.

Le ton monte
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