Christophe Castaner appelle à la concertation à la frontière franco-italienne au Montgenèvre et annonce qu'il ne sera pas candidat aux municipales à Marseille

Nouveau ministre de l'intérieur et ancien député-maire de Forcalquier, Christophe Castaner a fait ce dimanche sa première intervention médiatique. Dans une entretien fleuve accordé au Journal du dimanche (lire ici), le ministre dévoile sa feuille de route, ses intentions et ses ambitions en tant que ministre mais aussi à titre personnel. Ainsi, il l'annonce, il ne sera pas candidat aux élections municipales sachant qu'on l'annonçait candidat potentiel à Marseille : "Non, je ne serai pas candidat. On ne peut être ministre de l'intérieur qu'à plein temps. Et je souhaite inscrire mon action dans la durée." 

Dans cet entretien fleuve, Christophe Castaner évoque les sujets des contrôles migratoires qui nous concerne directement à la frontière franco-italienne dans le Briançonnais. Il confirme sa volonté d'échanger directement avec son homologue italien, le ministre de l'Intérieur Mattéo Salvini, après les vives tensions apparues ces derniers jours. Vous le savez, le ton est monté entre Français et Italiens au sujet des reconduites à la frontière au col du Montgenèvre. Le ministre de l'Intérieur italien a dénoncé les reconduites de migrants "non-admis"sur le sol italien, puis publié vendredi une vidéo montrant la reconduite à la frontière de trois clandestins, qualifiée de normale par la Préfecture des Hautes-Alpes. Il a aussi décidé samedi d'envoyer  des policiers patrouiller à la frontière française à Clavière afin d'empêcher les refoulements de migrants. Christophe Castaner, comme il l'a déjà demandé à la préfète des Hautes-Alpes, souhaite que les responsables policiers des deux zones concernées, Hautes-Alpes et Piémont, se rencontrent "pour renforcer leur coordination, "tout en notant que dans la plupart des zones frontalières la coopération avec la police italienne se passe bien". " Ne comptez pas sur moi pour ajouter de la polémique à la polémique", ajoute-t-il.

Ce dimanche, Matteo Salvini a adressé un nouveau message invitant christophe Castaner à Rome :"la France a proposé à l'Italie une rencontre pour améliorer la coopération à la frontière après les faits de Clavière que je vous ai prouvés avec la vidéo de l'autre jour. L'Italie n'est plus lâche, résignée à être le camp de réfugiés de l'Europe aux ordres de Bruxelles et de Berlin. J'attends mon collègue ministre de l'Intérieur Castaner à Rome, mais en attendant nous continuerons à patrouiller aux frontières."

 

Le résumé dé son entretien (avec lemonde.fr)

Contrôles migratoires, conditions de travail des policiers, violences dans les quartiers : Christophe Castaner dresse sa feuille de route de ministre de l’Intérieur dans un long entretien au Journal du dimanche (JDD) du 21 octobre, en reprenant les chantiers clés ouverts par son prédécesseur Gérard Collomb.

 

Sur la question migratoire, M. Castaner se dit « inquiet » de la situation à la frontière espagnole depuis quelques mois. Il va nommer un « coordonnateur sécurité », qui sera un haut fonctionnaire, pour « mieux organiser les contrôles et le dialogue avec les autorités espagnoles ». Depuis le début de l’année, « on a recensé en Espagne 48 000 entrées irrégulières en provenance du Maroc – soit une augmentation de 155 % ! » et « les non-admissions à la frontière franco-espagnole ont augmenté de près de 60 % dans les Pyrénées-Atlantiques par rapport à l’an passé », selon lui.

Le ministre revendique une « politique ferme contre l’immigration irrégulière ». « Un tiers des demandeurs d’asile en France ont été déboutés dans un autre pays d’Europe, c’est inadmissible. Nous n’avons pas vocation à être une “instance d’appel” des déboutés de l’Allemagne ou de l’Italie », ajoute-t-il.

Signaux envers les policiers.

M. Castaner doit aussi échanger dans « les tout prochains jours » avec ses homologues européens, dont l’Italien Matteo Salvini. Ce dernier a envoyé, samedi, des policiers patrouiller à la frontière française afin d’empêcher les refoulements de migrants, au lendemain de la reconduite de trois clandestins, qualifiée de normale par la France.

« Dans la plupart des zones frontalières, la coopération avec la police italienne se passe bien. Je comprends qu’il y a un besoin de renforcer cette coopération dans la région de Bardonnèche [Piémont, Italie]. Ne comptez pas sur moi pour ajouter de la polémique à la polémique. »

Les relations entre Rome et Paris se sont tendues ces derniers mois. L’Italie accuse ses partenaires européens, à commencer par la France, de l’avoir laissée seule gérer la crise migratoire et les quelque 700 000 migrants arrivés sur ses côtes depuis 2013.

Le ministre nommé mardi – avec pour l’épauler un secrétaire d’Etat, l’ex-patron du renseignement intérieur Laurent Nuñez – adresse aussi des signes à ses troupes et notamment aux policiers en rappelant la hausse de 3,5 % du budget de son ministère.

M. Castaner reconnaît que les policiers « ont raison de [se] plaindre » de la vétusté de leur matériel, rappelant que 300 millions d’euros par an seront consacrés à la rénovation de l’équipement auxquels s’ajoutent 130 millions pour la rénovation de la flotte automobile.

« Reconquérir la souveraineté républicaine ».

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sera, elle, dotée de 22,5 millions d’euros supplémentaires affectés à des investissements technologiques. Ses trois sites devraient également être réunis en un seul.

Mesure symbolique, M. Castaner veut aussi « mettre un terme » à « la protection à vie des anciens ministres de l’Intérieur » et la ramener à cinq ans après la fin de leurs fonctions.

Lors de son départ fracassant, son prédécesseur Gérard Collomb avait évoqué la difficulté des quartiers et sa crainte que « nous vivions face à face » en France. M. Castaner reconnaît à son tour la « situation de tension extrême et une très grande violence dans certains quartiers ».

Le ministre doit se rendre dimanche au commissariat de Champigny (Val-de-Marne), où des policiers se sont fait insulter sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux cette semaine. « Partout où l’on voit que la République recule, il faut agir. Reconquérir mètre carré par mètre carré la souveraineté républicaine dans certains quartiers. Ce sera un combat », ajoute-t-il.

 

Gérard Collomb a quitté la Place Beauvau pour se préparer aux élections municipales de Lyon. Son successeur affirme, lui, dans le JDD qu’il ne « sera pas candidat » lors de ce scrutin. Sur un autre chantier attendu, M. Castaner annonce qu’il présentera au président de la République, Emmanuel Macron, dans « quelques jours » les résultats de la consultation organisée dans chaque département sur l’organisation de l’Islam de France.

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Christophe Castaner