Hautes-Alpes / Après la saisie record de drogue aux Coteaux du Forest à Gap, un des jeunes qui y a grandi témoigne : "le quartier ne mérite pas l'image qu'on lui donne"

Une nouvelle fois, les HLM des Coteaux du Forest à Gap ont donc fait la une de l'actualité à la faveur de cette saisie record de drogue effectuée par les policiers et les gendarmes lundi au petit matin. De la cocaïne, de l'héroïne et plus de 80 kg de cannabis ont été trouvés dont 73 presque par hasard. En marge de l'opération anti-stup, c'est en effet le chien de la gendarmerie qui a conduit les policiers dans le box d'un garage où se trouvait le stock. 11 personnes ont été interpellées dont 2 confiées au SRPJ de Marseille où la drogue a été acheminée.

Voici donc une nouvelle fois ce quartier sur les hauteurs de Gap montré du doigt comme le quartier "chaud" de la ville, celui de tous les trafics. La réalité est pourtant bien différente et nous avons déjà eu l'occasion de vous le montrer dans nos reportages. Ce quartier du Forest d'Entrais peut être regardé aussi sous le prisme de la réussite. La réussite de la mixité entre des populations issues de l'immigration, et des Haut-Alpins souvent Champsaurins de pure souche. Le plus bel exemple est l'école Paul-Émile Victor qui, à l’initiative de Dominique Catier à l'époque, réunit, la plupart du temps dans l'harmonie, toutes ces populations.

Tout n'est pas rose pour autant : à proximité des pavillons et immeubles résidentiels alentours, les HLM des Coteaux du Forest sont d'une autre époque. Leur rénovation assortie de la démolition de bâtiments n'en finit plus de... ne pas se faire et tout cela participe peut-être autant que les trafics à la mauvaise image d'un quartier où les faits divers ne sont pourtant pas nombreux. On est très loin des "Coteaux du Far West" comme le disent certains.

Ceux qui y vivent s'y sentent bien et en sont même fiers. C'est le cas par exemple de Bouzid Bougourgour, devenu entraîneur du club de football de Veynes.

Ce quartier de son enfance, il l'aime. Il sait aussi combien il doit à sa famille, aux éducateurs et au sport qui lui ont permis d'éviter les travers de la petite délinquance si facile d'accès et si tentante pour les adolescents.

Au lendemain de cette opération anti-stup, il témoigne. Si les immeubles auraient en effet bien besoin d'un coup de "karcher", ce n'est pas le cas de gens qui y vivent :

D!CI TV : "arrêtons de stigmatiser le Forest d'Entrais" Bouzid Bougourgour from D!CI TV on Vimeo.

 

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