Publié par Jean Eymar le jeu, 02/05/2019 - 19:50

Le Jeudi 23 Mai à 18h se tiendra, à la salle polyvalente de Saint-Véran, une réunion publique, à l'initiative de la Maire, afin de présenter le projet du téléphérique qui fait débat depuis des semaines.
Seront présents : l'Observatoire de Paris ainsi que le Bureau d'Etude.
C'est le plus haut ou l'un des plus hauts (et plus beaux) villages d'Europe, celui où "les coqs picorent les étoiles " comme le dit la maxime du village de Saint-Véran à 2040 m. Et justement les étoiles, elles sont observées de près par un observatoire qui ne demande qu'à se développer. Une nouvelle fois voilà la population de Saint-Véran et celle du Queyras, voire du monde de la montagne, divisée autour d'un projet ambitieux : Créer un téléphérique arrivant à 3000 m pour rejoindre l'observatoire où doit être installé un des plus grands télescopes robotiques d’Europe, construit par l’Observatoire de Paris.
Dans les cartons depuis 2017, le projet de construction d’un téléphérique a été présenté fin mars en conseil municipal. Pour la commune de Saint-Véran, il s'agit de "développer le tourisme scientifique, en construisant à 3000 mètres un site muséographique et un planétarium, ainsi que des espaces de restauration et de loisirs". Estimation de fréquentation sur ce site, qui est dans le périmètre du Parc naturel régional du Queyras et des bâtiments de France : "près de 100 000 visiteurs par an avec un fonctionnement 4 saisons" , précise encore le dossier de présentation.
Une aubaine ? Pas selon le point de vue de certains (dont le 2e adjoint) qui pensent que la municipalité veut surtout développer son domaine skiable. Une pétition, soutenue notamment par l’association Mountain Wilderness, a été lancée en ligne il y a quelques jours et elle a déjà recueilli un peu plus de 2000 signatures: "C'est incompatible avec l'élevage, c'est brader le village au privé" argumentent encore ceux qui ne croient pas d'ailleurs que le téléphérique puisse accueillir 100 000 personnes par an.
A ce stade seule l'étude de faisabilité est lancée. François Taris, astrophysicien à l'observatoire de Paris, chiffre ce projet à 25 millions d'euros financé à 75% par des privés. Pour le reste, il s'agirait à 25% de fonds publics dont la moitié aurait déjà été obtenue auprès de la région Ile de France. Quant à l'étude environnementale, elle indique de son côté que le projet n'aurait que peu ou pas de conséquences sur la faune et la flore.
Des hauts et débat
Derrière tout cela, un débat qui peut être sans fin. Doit-on développer Saint-Véran comme beaucoup de villages de montagne ou les préserver de toute nouveauté ?
Paradoxalement et aussi beau soit-il, la question se pose moins à Saint-Véran qu'ailleurs car le village est tout simplement déjà aménagé : cette dernière décennie encore un nouveau télésiège y a été réalisé comme un hôtel de luxe sans que cela n'est (apparemment) remis en cause son identité.
La vraie question semble être, s'il n'y a pas de projet, quel est donc le plan B ? Quelle est la solution pour rendre ce magnifique secteur qu'est le Queyras attractif et éviter qu'il se transforme en musée extérieur ? Où seront créés les emplois ? D’où viendront les enfants qui seront à l'école ? Qui vivra dans le Queyras hors-saison ?
La réponse est peut-être dans les questions...
