Publié par Cécile Germain le mer, 05/06/2019 - 17:59

Prix régional pour la Ville de Tallard
Le jury de la 25ème édition du concours « les rubans du Patrimoine » a choisi les lauréats 2019 le 29 mai 2019. Ce concours est organisé en partenariat avec l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité, la Fédération Française du Bâtiment, la Fondation du patrimoine, la Fédération nationale des Caisses d'Épargne et le Groupement français des entreprises de restauration de Monuments Historiques. Il récompense des communes et des intercommunalités ayant réalisé des opérations de restauration ou de mise en valeur de leur patrimoine bâti. Les jurys régionaux et le jury national ont pris en compte les critères suivants : intérêt et valeur du patrimoine considéré, cohérence esthétique et architecturale, matériaux et organisation du chantier, qualité de la mise en œuvre, retombées de ces opérations d’un point de vue social, économique, culturel, environnemental et touristique, audace de l’opération et mobilisation populaire.
Prix décernés en Provence-Alpes-Côte d’Azur : 2 prix régionaux : Tallard - Hautes-Alpes - Réhabilitation du château Renaissance (2300 hab.) Avignon - Vaucluse - Restauration de la Tour des Anges et de la Tour de la Garde-Robe du Palais des Papes (92209 hab.)
2017-2019 d’un château renaissance à la renaissance d’un château
Le dossier de labélisation instruit par le service patrimoine de la commune à la demande du Maire Jean-Michel Arnaud, présente la phase actuelle de restauration du Château de Tallard. Si le château a connu par le passé d’importants travaux de restauration, il s’agit aujourd’hui de sécuriser l’avenir de la structure, et de lui offrir de nouvelle perspectives de développement. Après de nombreuses études, il ressort qu’une nouvelle phase de travaux s’avère essentielle pour que le Château de Tallard continue d’attirer du public mais également propose de nouvelles perspectives de visites et d’animations. En effet, à ce jour, de nombreux espaces sont totalement inutilisés et donc maintenus à l’abri des regards du public. Il s’agit principalement de ce que l’on appelle « le logis », espace autrefois destiné à l’habitation des seigneurs qui se sont succédé au château. L’objectif n’est pas la reconstitution de ces espaces, mais bien leur mise en sécurité qui aura un double objectif : permettre au public de les découvrir, et les utiliser comme lieux de desserte des différents niveaux. La solution proposée consiste en l’aménagement d’une façade entièrement vitrée, épousant le nu intérieur de la ruine et protégée par le prolongement de la couverture existante. Le jour, cet aménagement apporte la lumière nécessaire à la fonction intérieure tout en affichant sur la ville la nouvelle vie du château, sur les traces de son histoire. La nuit, l’éclairage intérieur dessine la silhouette ruinée en contre-jour que l’intervention architecturale aura pris soin de conserver. Le choix du verre permet d’offrir des effets de matières en continuité des maçonneries et des qualités de transparence, laissant deviner le programme et la nouvelle vie du château. Le traitement de ce matériau fera l’objet d’une étude spécifique, réalisée avec l’aide d’un maître-verrier. Ce jeu de matières permet également de faire le lien entre traditions et modernité, avant goût de ce que pourra être le château de demain, doté d’outils de visites modernes.
La question de la couverture est centrale dans le choix du parti de restauration. Le maintien de la couverture actuelle de l’Aile des Gardes à faible pente en tuiles canal, considérée à présent comme une strate historique du monument, implique de fait sa continuité sur l’extrémité ruinée, afin de ne pas multiplier les solutions architecturales et d’affirmer le caractère de couverture «provisoire» assurant la mise hors d’eau. L’aménagement intérieur profite de la triple hauteur que la ruine a laissé pour y incorporer la circulation verticale avec un minimum d’intervention. Un ascenseur et un escalier de secours desservent les trois niveaux, reliés par des passerelles aux anciennes portes réutilisées. Aucun percement nouveau n’est ainsi réalisé, à l’exception de l’issue de secours créée au nord de la salle basse. La réouverture de la poterne du côté sud permet à la fois de bénéficier d’une issue de secours, mais aussi d’un accès depuis l’extérieur à la salle basse (issue de secours, accès aux personnes à mobilité réduite et passage de matériel). Seuls une rampe et un percement dans le mur au nord de la salle basse sont ajoutés, mais dissimulés par le glacis. L’étude archéologique ayant montré une relative incertitude quant aux niveaux des sols anciens, l’aménagement proposé sera volontairement «détaché» des maçonneries, et traité avec des matériaux n’offrant aucune ambiguïté de lecture avec les dispositions anciennes du monument. Le parti proposé, au-delà de la réponse aux contraintes du programme, présente l’avantage d’envisager une valorisation architecturale de l’ensemble de l’édifice, tout en permettant l’aménagement d’espaces intérieurs spécifiques (salle multiculturelle) ainsi que la desserte de l’ensemble des niveaux pour tous les publics. De plus, la réouverture d’un accès sur la façade nord permettra de canaliser les publics vers un espace d’accueil polyvalent. Pour mener à bien cette nouvelle phase de restauration, le château devra fermer ses portes au public à compter du mois de janvier 2017 et ce pour une période de 24 mois. Durant cette période, différents travaux de restauration et d’embellissement seront exécutés.




