Hautes-Alpes : le magnifique enseignement de vie des Compagnons du Devoir à L'Argentière

" Ni s'asservir, ni se servir, mais servir"

C'est plus qu'une tradition, à l'Argentière la Bessée, c'est une institution : l'association les Compagnons du devoir est destinée à la formation et à l'apprentissage de plusieurs métiers suivant les traditions du compagnonnage.

Comme c'est le cas aussi à la Freissinouse au-dessus de Gap, ces jeunes y apprennent les bases de leur métier avant d'entamer un Tour de France puis de revenir réaliser leur chef-d’œuvre. 

Le bois, la maçonnerie, la plomberie... autant de métiers devenus précieux.

C'est aussi un lieu de vie pour tous ces jeunes entre le CFA voisin, la salle conviviale où se déroulent aussi les cérémonies tenues secrètes et la cantine ou les dortoirs où les règles de vie commune sont bien appliquées.

Mais les Compagnons, c'est surtout un enseignement de vie, celui de parfaire sans cesse son ouvrage, celui de l'humilité, du respect des autres... Les Compagnons du Devoir ont en effet pour finalité de : « Permettre aux femmes et aux hommes de s’accomplir dans et par un métier dans un esprit d'ouverture et de partage ». 

Jean-Marc Passeron, accompagné des Conseillers départementaux,  y a rencontré Samuel Jeannerot qui nous a dévoilé deux extraits de la charte des compagnons

Autant de messages fondamentaux affichés dans la salle de vie, c'est à propos car c'est une leçon de vie particulièrement contemporaine.
 

Pour devenir Compagnon du Devoir, il faut préalablement devenir « affilié » ou « aspirant », en réalisant un travail d'adoption (en tant qu'apprenti ou itinérant) qui est ensuite examiné par la corporation du métier et la communauté (aspirants et compagnons). Cette première pièce permet, si elle convient et que la communauté est d'avis favorable, d'accéder à l'affiliation ou l'adoption.

L'affiliation ou l'adoption n'est pas chose facile car, à part la qualité de la maquette d'adoption, l'insertion dans la communauté est très importante car ceux qui la composent se concertent et décident de l'adoption ou pas du jeune. Les rapports humains au sein de la communauté sont donc primordiaux, ainsi que le comportement de tous les jours, en plus d'un travail presque permanent et régulier.

Traditions et innovations

Mobilité et la transmission du savoir-faire sont les fondements du compagnonnage. Depuis des siècles, les compagnons voyagent et adaptent leurs connaissances aux nouvelles techniques et matériaux. Ainsi, au fil du temps, le compagnonnage a vu des métiers disparaître et d’autres naître.

La constitution de notre association il y a plus de 70 ans a permis de développer un réseau de maisons pour accueillir les itinérants de tous les métiers sous un même toit : avant la seconde guerre mondiale, chaque corps de métier du compagnonnage avait ses lieux de passage et organisait pour son propre compte l’hébergement de ses itinérants. Depuis 70 ans, la vie communautaire permet des échanges interprofessionnels fructueux.

Au début des années 70, une deuxième étape importante pour notre association a été la décision de développer un vivier d’apprentis en créant et développant nos propres CFA.

Puis dans les années 90, nous avons décidé d’enrichir nos expériences professionnelles en développant le voyage international.

Plus récemment, une nouvelle étape a été franchie avec l’arrivée de jeunes femmes dans des métiers qui étaient essentiellement pratiqués par les hommes. Puis ce début de XXIe siècle a vu l’arrivée de bacheliers ; ils constituent aujourd’hui la majeure partie des jeunes qui choisissent de se former et se diplômer avec nous.

En 2010, le compagnonnage a été inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Et tout dernièrement, l’admission de notre association à la Conférence des grandes écoles a marqué la reconnaissance des valeurs humaines et professionnelles que nous défendons depuis toujours.

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