Hautes-Alpes : Après ses appels où il diffusait des chants islamiques, le jeune gapençais de 17 ans mis en examen

Les suites de cette affaire d'un jeune  Gapençais de 17 ans été interpellé jeudi vers 20 h chez ses parents après des appels téléphoniques au commissariat où il diffusait des chants islamistes dans les jours qui ont suivi l’attaque à la Préfecture de police de Paris.

L'adolescent, "au profil de hacker", indique une source proche de l’enquête selon la Provence, aurait ainsi contacté plusieurs commissariats de la région parisienne. Selon la Provence, le  jeune homme présente  un syndrome autistique,  et a été mis en examen.

Déjà connu de la justice pour «des affaires de droit commun», le jeune homme était ce vendredi matin en garde à vue dans les locaux du commissariat de Gap, en charge de l'enquête, pour être interrogé sur les faits, a précisé à l'AFP le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy.

Ce mineur ne présente dans l'immédiat «aucun signe de radicalisation», a ajouté le procureur, qui n'écartait pas l'hypothèse d'une «mauvaise plaisanterie».

La Préfecture de police de Paris, où un employé radicalisé a tué le 3 octobre quatre fonctionnaires à coups de couteau, a annoncé mercredi avoir déposé plainte contre X pour «apologie du terrorisme» après une série d'appels téléphoniques avec des chants islamistes dans plusieurs commissariats d'Ile-de-France.

 

Le procureur de la République près le tribunal de Grande Instance de Gap s'est exprimé ce samedi par voie de communiqué, le voici : 

 

Le 10 octobre 2019, le parquet de Gap était destinataire d'un dessaisissement du parquet de Créteil pour des faits d'appels téléphoniques malveillants commis le 6 octobre au préjudice du commissariat de Saint-Maur-des-Fossés (94100) dans lesquels un individu avait diffusé en fond sonore un chant de l'Etat islamique. Le même commissariat était également avisé de crimes et de délits imaginaires par des appels masqués (technique dit swatting : canular téléphonique destiné à provoquer l'intervention en urgence des services de secours ou de police chez une victime à qui l'on veut s'en prendre, en prétextant la commission d'une infraction n grave ou la survenance d'un sinistre).

 

L'auteur présumé de ces appels était identifié et localisé sur Gap. Il s'agissait d'un mineur né en 2002 qui était déjà connu du juge des enfants de Gap pour des faits similaires commis jusqu'à présent en dehors de toute qualification terroriste.

 

Le parquet de Gap, compétent en raison du lieu de domiciliation du mineur suspecté d'être à l'origine de ces appels, ouvrait une enquête qui était confiée au Commissariat de Gap.

 

Le mineur âgé de 17 ans était placé en garde à vue le 11 octobre à 20 heures 15. Sa garde à vue était prolongée hier après-midi et ce dernier a été déféré au parquet de Gap ce matin en vue d'une ouverture d'information judiciaire.

 

Il a été mis en examen par le juge d'instruction des chefs de :

 

- appels téléphoniques malveillants réitérés

- menace de crime contre les personnes

- provocation directe à un acte de terrorisme

- apologie d'un acte de terrorisme

- dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches utiles

- accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données

 

Il a été placé sous contrôle judiciaire avec les obligations suivantes :

- se soumettre aux mesures de protection, d'assistance et d'éducation confiées à la protection judiciaire de la jeunesse ;

- respecter les conditions de placement au centre hospitalier St Egrève pour une durée de 6 mois.

 

Depuis le début de la semaine d'autres appels téléphoniques malveillants ont été commis au préjudice de divers commissariats des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis si bien que les parquets de Nanterre, Créteil et Bobigny sont sur le point de se dessaisir au profit du parquet de Gap en raison du lieu de domiciliation du mis en cause mineur. A ce stade, le mineur est mis en examen pour les seuls faits commis le 6 octobre au préjudice du commissariat de St Maur-des-fossés et mon parquet envisagera le cas échéant des mises en examen supplétives dès lors que ces procédures auront été adressées au parquet de Gap et qu'un rapprochement certain aura été fait avec le mineur Gapençais.

 

Le mis en cause reconnait avoir appelé le commissariat de Saint-Maur-des-Fossés en diffusant la musique de fond de l'Etat islamique mais il conteste les appels adressés aux autres commissariats. Il indique que d'autres personnes ont participé aux appels par le biais de conférences téléphoniques mises en place. Il ne semble pas pouvoir s'expliquer sur les raisons qui l'ont amené à diffuser le chant de l' l'Etat islamique mais indique ne pas partager les thèses de l'Etat Islamique. Une expertise neuropsychologique datée d'avril 2019 évoque des troubles du spectre autistique. Un syndrome Asperger a pu être évoqué. Aucun élément ne laisse apparaître à ce stade une suspicion de radicalisation (absence totale de pratique religieuse et encore moins de radicalisation à caractère terroriste). Maîtrisant parfaitement l'informatique, il était en relation régulière avec de nombreux hackers.

 

Des expertises techniques seront diligentées sur les divers matériels saisis en perquisition tels que téléphones et ordinateurs afin de déterminer précisément le mode opératoire et le nombre exacts d'appels illicites passés par ce mineur.

 

Fait à Gap, le 12 octobre 2019

mis en examen
Hautes-Alpes
Gap